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- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - 2015-05-27 | [Este texto, tienes que leerlo en francais] | Inscrito en la biblioteca por Guy Rancourt « Süss ist jede verschwendung O lass mich der schonsten geniessen ! » Goethe. Être à toi sans retour - être à toi sans mesure - Être à toi sans espoir - être à toi sans regret. Te perdre, et par avance hélas ! en être sûre, Faire de ma jeunesse un veuvage secret. - Savoir qu’un autre amour à jamais nous sépare, Qu’une autre voix t’appelle et que tu répondras, N’être que la chimère où ton désir s’égare, N’être qu’un souvenir. –Si tu n’oubliais pas ! Suivre de loin tes pas adorés sur la route Parmi l’effeuillement d’espoirs toujours brisés, Entre de noirs cyprès, le remords et le doute Dont l’ombre s’étendra jusques à nos baisers ; Voir comme au vent d’oubli ton amour s’évapore, Sans que j’ose pourtant m’en plaindre, même à Dieu, Et dernière douleur, si tu m’aimes encore N’avoir pas en mourant droit au dernier adieu… Ah ! laisse-moi t’aimer, laisse que je me noie, Que je roule au torrent de ce divin effroi ! Laisse-moi mon bonheur ! ne me prends pas la joie Le douloureux orgueil d’avoir pleuré pour toi. (Jeanne Neis-Nabert, « Carnets d’une morte » in Silences brisés, 1908, p. 109-110)
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